Juste parce qu'ils me font rire tous les jours, parce que j'ai de la chance d'avoir cette grande famille de chats si beaux et si gentils...
dimanche 17 décembre 2017
Chats noirs
Jerry
Le sujet me gêne un peu, et je ne sais pas par quel bout l'attaquer. Ce que je m'apprête à faire, c'est de la discrimination. Positive, peut-être, mais de la discrimination tout de même.
Les chats noirs ne sont ni plus gentils, ni plus doux, ni plus intelligents que les chats d'autres couleurs. Mais ils ne le sont pas moins. Pourtant, ils restent fréquemment les laissés-pour-compte, les pas choisis, ceux qui attendent qu'on les remarque dans les refuges, parfois pendant des années. Il est plus difficile de faire adopter un chat noir qu'un autre, toutes qualités égales par ailleurs. A tel point que lorsqu'on contacte des associations pour qu'elles nous récupèrent des chatons, certaines nous précisent qu'elles ne prendront pas les noirs, trop difficiles ensuite à placer.
En 2017, je ne crois pas que cela s'explique encore simplement par la superstition. Je crois qu'il y a aussi un facteur "visuel" et qu'il s'amplifie à l'ère des adoptions virtuelles.
Ce qui me fait dire ça, c'est que le phénomène ne touche pas uniquement les chats noirs, mais aussi les chiens noirs, les lapins noirs, les rats noirs...qui tous attirent moins, et attendent une famille plus longtemps.
Je crois que les animaux noirs souffrent du fait qu'ils sont très difficiles à mettre en valeur par la photographie, à une époque où on craque d'abord sur une photo trouvée sur un réseau social ou un site d'annonces en ligne.
J'ai mis très longtemps à le comprendre, car je suis hermétique au procédé. Je n'ai jamais craqué pour un animal sur une photo. C'est en rencontrant "pour de vrai" mes nimos, ou éventuellement leurs parents, que j'ai compris que nous étions voués à vivre ensemble. A l'exception de Mister Pickles, que j'ai décidé d'adopter sans jamais l'avoir vu, parce qu'il était à l'association depuis plus d'un an et que son caractère anormalement farouche n'attirait pas les foules.
Le Petit
Pour ma part, c'est mon histoire personnelle qui m'a tenue écartée des chats noirs pendant des années. Parce que le grand amour félin de ma vie était noir. Il s'appelait Jerry. Mes parents l'ont pêché dans un carton de chatons menés à l'euthanasie chez un ami vétérinaire en 1994. J'avais neuf ans et mon grand-père venait de mourir. Jerry a vécu mon entrée au collège, deux déménagements, l'arrivée au lycée, un autre déménagement, la fac, et encore deux déménagements : il lui a fallu composer avec Guillaume alors qu'il tenait à rester le seul mâle de ma vie. Il a vu s'amener Saori, les furets, il a passé la nuit précédant mon mariage avec mes témoins et moi chez mes parents. Et puis, il a eu quinze ans, et il est parti à pas de velours là où je ne pouvais pas le suivre.
Après ça, j'ai passé plusieurs années à ne pas voir les chats noirs. Je pense que j'avais peur d'avoir mal. J'ai recueilli un jeune chat noir trouvé sur un site de nourrissage. Il lui fallait une solution rapidement car il était blessé et malade. Je l'ai gardé quelques temps pour le retaper. Ce chat était adorable de gentillesse. De tous les chats "pasdebol" dont je me suis occupée, il a été le seul à qui je n'ai pas donné de nom. Je l'appelais "Le Petit".
Il m'a fallu huit ans pour envisager de m'occuper à nouveau de chats noirs. Ca me gêne un peu d'opérer comme ça une espèce de favoritisme fondé sur la couleur, mais, réellement, depuis plusieurs semaines maintenant, je suis attirée par les chats noirs comme par un aimant. Je profiterais peut-être de mes prochaines visites à la SPA pour demander à en mitrailler quelques-uns !
J'ai juste une petite faveur à vous demander : s'il vous plaît, si vous envisagez d'adopter un chat, avant de passer en revue les petites annonces, les forums, les pages des réseaux sociaux sur votre téléphone ou votre ordinateur...essayez de vous déplacer dans un refuge, de contacter une association qui pourrait vous présenter des chats en vrai. Les chats noirs ont une élégance et un charisme tels qu'il est impossible de le rendre en image. Je crois qu'ils sont souvent délaissés pour cette raison, à l'heure d'internet. Mais ne passez pas à côté du chat de votre vie juste parce qu'il n'est pas très photogénique. Il est beaucoup mieux en vrai, croyez-moi.
Le génie des abeilles - Eric Tourneret et Sylla de Saint-Pierre
Moi la première, je ne l'aurais pas cru, mais j'arrive encore à faire autre chose que boulot/aspiro/chiot.
Mon énorme coup de coeur biblio pour cette fin d'année est ce merveilleux ouvrage, à la fois beau livre photographique et bon document de vulgarisation.
On devait déjà à l'apiculteur et photographe Eric Tourneret le très beau livre "Les routes du miel", et là, il fait à nouveau très fort car les images sont à couper le souffle.
Le texte de Sylla de Saint-Pierre est à la fois précis et sans lourdeur, basé sur les études les plus récentes, et offre un tour très complet du petit peuple de la ruche, à travers huit grands chapitres :
"Superorganisme", "La mère", "Abeilles et fleurs", "Les butineuses", "Des abeilles et des hommes", "L'architecture du nid", "Intelligence et communication", et enfin le fameux "Génie des abeilles".
La lecture nous mène de surprise en surprise, d'émerveillement en émerveillement devant ce miracle de la nature qu'est l'abeille. J'avais bien quelques notions de base, mais j'étais loin d'imaginer combien un si petit organisme pouvait receler d'intelligence, de capacités de mémorisation et de communication, d'aptitudes à aménager son environnement... bref : de perfection.
Quel dommage, quelle inquiétude que les abeilles soient en si grave danger à l'heure actuelle... Et pas seulement les abeilles domestiques dont il est question dans ce livre, d'ailleurs, mais aussi toutes les espèces d'abeilles solitaires dont les médias parlent moins, et qui jouent un rôle écologique majeur par le biais du butinage. Alors, pour notre santé d'aujourd'hui, mais aussi pour notre survie future, et puis, aussi un peu par amour pour le petit peuple des ruches, essayons de soutenir une agriculture raisonnée, autant que possible...
Et d'ailleurs, si comme moi vous êtes un grand amateur de miel, essayez de l'acheter en circuit local court au maximum. Pour ma part, je le prends à la coopérative agricole de mon village, et je sais exactement d'où il vient, à quelques kilomètres de chez moi (mon préféré est le miel d'acacia, mais j'en ai toujours plusieurs sortes, je choisis en fonction de l'heure de la journée et de mes envies). Vous y gagnerez, ne serait-ce qu'en termes de goût, promis.
Ah, oui, et aussi, tant qu'on parle de miel : la marque de cosmétique Baija, que j'apprécie bien car c'est une petite marque française très "propre" (niveau composition, tests etc) vient de sortir une gamme "Festin Royal-Miel caramélisé" vraiment sympa. Leur gommage pour le corps est génial ! Tant l'odeur que la texture raviront les fans de produits de la ruche :)
Kinaï est castré
Donc depuis quelques semaines, Kinaï vivait séparé de Koda et Iorek. L'association a pris la décision de le faire castrer afin de pouvoir le proposer à l'adoption pour intégration avec une femelle.
Nous l'avons amené mercredi à la clinique et l'avons récupéré jeudi soir, en pleine forme. J'avais beaucoup d'appréhension sur le post-op' (avec des nimos aussi remuants et cabochards, c'est souvent compliqué...) mais au final, Kinaï est un merveilleux petit patient très cool quand il s'agit de prendre ses anti-inflammatoires à la seringue. Il ne touche pas non plus à sa cicatrice pour le moment : la plaie (ils sont passés par la voie abdominale) est très propre.
Il me fait quand même de la peine dans sa cage-hôpital, parce qu'il est privé de tous les trucs qu'il préfère : il n'y a pas de litière alors il ne peut pas creuser de galeries, pas de foin alors il ne peut pas s'aménager un nid... et pas de sable alors il ne peut pas se laver, mais bon, il n'a jamais été très à cheval sur la propreté alors ça ne doit pas trop lui manquer. Enfin, c'est vrai que là, il commence à avoir le pelage bien gras et moche, le petit chou !
Les trois gerbilles sont en passe de battre notre record de durée en famille d'accueil, qui est de neuf mois. Quand j'ai dû laisser Kinaï à la clinique, j'ai vraiment réalisé à quel point je m'étais attachée à eux... J'y tiens comme à la prunelle de mes yeux, et j'espère qu'ils auront tous trois les chouettes familles qu'ils méritent.
Enfin, voilà, maintenant vous savez que nous avons un duo à l'adoption + Kinaï qui peut rejoindre une demoiselle gerbille esseulée de son côté.
Sinon, nous avons toujours deux anciens protégés qui cherchent leurs familles pour la vie :
- Joker le chaton au refuge SPA de Marennes
- Pépino (anciennement PPA) le canari : il a rejoint une famille d'accueil du Bazar des NAC en région parisienne, et vient d'être opéré avec succès de son kyste folliculaire.
http://www.aubazardesnac.com/
lundi 4 décembre 2017
Nawak - Journal de bord - 10eme jour
Je voudrais essayer de tenir un journal de bord pour Nawak, d'abord parce que nous vivons des instants uniques et que j'aimerais en garder la trace, et aussi parce que cela pourrait m'aider à avancer sur le plan personnel, je crois. Enfin, je vais expliquer ça plus tard. Du coup, j'ai décidé de me lâcher complètement dans ce journal : aucune restriction sur la longueur des articles, et j'ai le droit à autant de digressions et de parenthèses que je veux :) . Il doit refléter fidèlement mes pensées :) et je pense beaucoup.
Alors, que s'est-il passé du côté de Nawak depuis son arrivée ?
Avec les autres Nimos, ça se passe globalement très bien, avec toutefois des réactions variées.
Mugen trouve ça bien drôle d'avoir un chiot à la maison, mais elle reste quand même vraiment trop brutale pour jouer convenablement avec un si petit chien. Couchées calmement dans la maison, ça va, mais en extérieur, elle n'a pas encore intégré qu'il fallait se contenter de se provoquer et de se courir après. Elle veut aller au contact, et heureusement que Nawak n'est pas trop impressionnable... Nawak va grandir et Mugen va apprendre.
Metis m'étonne : autant elle avait immédiatement commencé à jouer avec Mugen dès le départ, autant là, elle ne veut rien avoir à faire avec le chiot. Sans être pour autant hostile : elle se contente de l'ignorer royalement. Metis apprécie énormément Mugen et elles jouent beaucoup ensemble : je crois que ça lui suffit, elle n'a jamais été une grande fan du jeu avec d'autres chiens. Et puis, il faut bien le dire : Metis a presque deux ans de plus que lors de l'arrivée de Mugen, je pense que ça compte, elle ne vit pas les choses de la même façon en tant que chien (jeune) senior.
Fast m'épate carrément ! Il se souvient encore parfaitement de tout le protocole mis en place pour l'arrivée de Mugen. Du coup, nous n'avons presque rien besoin de gérer, il se prend en charge quasiment tout seul. C'est dingue ! Il est clairement plus détendu et plus à l'aise que lorsque Mugen était bébé, et entre nous il a bien du mérite, parce que Nawak est vraiment casse-bonbon avec lui. Merci grand Fast de faire autant d'efforts, et merci à petite Mugen qui a essuyé les plâtres avec lui, et lui a montré que les chiots n'étaient pas si terribles, tout compte fait...
Avec les chats, sans surprise, Saori ne condescend à s'approcher de Nawak que lorsqu'elle dort, Garfield et Max vivent leur vie mais n'hésitent pas à lui balancer de belles taloches quand elle est pénible (et vu la différence de taille, c'est assez impressionnant). Avec Gredin, ils ont une relation assez fraternelle, comme nos autres binomes chiot/ chaton (Metis/ Garfield, Fast/Max) : ils dorment ensemble à l'occasion, jouent à la bagarre, mais parfois ils se disputent pour de vrai les jouets et les humains.
Nawak prend la découverte du monde avec un grand sérieux : elle veut absolument tout regarder, tout vérifier, tout faire bouger et tout déplacer. Elle est très, très joueuse et nous a présenté pour le moment deux challenges inédits.
D'abord, elle adore jouer avec les gens, et ça c'est vraiment génial ! Seulement, elle y va fort, façon pince-crocodile : elle pince le plus fort possible et elle secoue fort ensuite. En fait, elle tugge les gens. Les premiers jours, j'avais les mains tout égratignées. J'ai commencé par me dire que je devais toujours toujours rediriger sur les jouets, ne jamais jamais jouer avec les mains. Le truc, c'est que Nawak n'avait pas l'habitude des jouets, et qu'il a fallu trouver ce qui allait lui plaire, puis, une fois le concept de jouet accepté, l'étendre de fil en aiguille à de plus en plus de matières différentes. Ca a pris quelques jours. Et puis, j'aime tellement jouer à me bagarrer avec mes chiens... Bref, je n'ai pas pu m'empêcher de continuer à l'inciter à me mordiller parfois. Eh bien au final, ça évolue dans le bon sens, Nawak joue avec de plus en plus de types de jouets, et je peux lui proposer une bagarre comme "jeu suprême" sans qu'elle fasse mal désormais. Guillaume l'a noté aussi. On conseille souvent de ne jamais laisser les chiots mordiller, mais nous on le fait, on préfère qu'il sache doser, se servir de leur mâchoire très finement. Et finalement, ça fonctionne même avec un chiot "grosse gueule" comme MiniWak et c'est cool, je ne l'aurais pas parié. Ses jouets préférés sont les peluches, les tugs en peluche ou en polaire, et les cartons.
Deuxième défi : lui faire accepter la cage et le sherpa. Non, plutôt : lui faire accepter d'être enfermée dans la cage ou le sherpa. On ne s'en sert que pour la nuit, les déplacements, et aussi dans certaines situations comme le passage de l'aspirateur ou la séance de sport à la maison. Jamais lors de nos absences. Ce n'est donc pas franchement anxiogène. Nos chiots s'étaient toujours habitués hyper vite et hyper bien, on leur donne un truc sympa à mâchouiller/léchouiller dedans, et hop c'est acquis en quelques jours.
Nawak semble militer pour la liberté absolue toujours et en tous lieux. Le coup du truc sympa à léchouiller, ça la laisse froide : d'abord, un truc qui ne bouge pas n'est pas un truc sympa. Si je mets sa ration dans un kong ou n'importe quoi d'autre, ça l'occupe trois minutes avant qu'elle s'ennuie, peu importe que le bidule soit encore presque plein, et là commencent les piaulements et le concert de barreaux de cage en ré mineur (le sherpa ne fait pas de bruit, le malheureux se laisse déchiqueter sans un murmure, à grands renforts de glapissements hystériques).
Cela dit, nous voyons se dessiner un espoir grâce à une découverte intéressante. Je me suis aperçue par hasard que si je plaçais de la bouffe dans des kongs et des balles trop grands pour elle, elle les frappait avec les pattes et le museau au lieu de les machouiller, pour pouvoir manger. Et là, magie : les trucs bougent. Ils deviennent intéressants. Avec ce système, on parvient à lui faire manger tout son repas et à l'occuper vraiment longtemps. Sur le même principe, j'ai pu l'intéresser à des friandises type lanières de peau ou barres à mâcher, qu'elle ne regardait même pas au départ, en les glissant dans une grosse balle Everlasting. On parvient progressivement à fixer son attention sur des objets "morts" (et à la faire manger correctement) en faisant comme ça.
Reste que pour l'instant, elle ne dort pas plus de 3 h d'affilée la nuit, et ne se rendort dans sa cage que si j'ai la main contre elle. Bon, allez, c'est un chiot de 9 semaines, j'ai Guillaume pour me relayer quand vraiment je n'arrive plus à me lever, et puis j'ai eu la chance d'avoir 3 gros dormeurs avant, il fallait bien que je tombe un jour sur un chiot moins facile ! En journée, elle n'aime pas trop non plus s'endormir si elle n'est pas au contact. Elle va volontiers se poser toute seule tranquille sur le tapis pour émietter un carton, mais, quand le sommeil la prend, elle cherche les genoux. Elle réussit toutefois à s'endormir seule (après m'avoir suivi un moment avec un air de petit chien extrêmement contrarié), car je ne suis pas toujours dispo et immobile quand elle en a besoin...
Cela dit, avec ce système de la sortir la nuit, elle est déjà quasi propre en 10 jours : le bon côté de la médaille.
Sinon, on fait quoi d'autre ? Des balades et des visites à des proches. Ce n'est pas de tout repos avec elle, elle est vite fatiguée et frigorifiée, mais ne veut pas trop rester dans le sac, et pas trop longtemps dans les bras. Bref, elle ne sait jamais ce qu'elle veut, à part gigoter. Mais bon, elle va grandir très vite et le printemps sera vite là aussi. En tous cas, c'est hyper drôle de la voir tenter de suivre les grands, et elle court malgré tout assez bien. Elle commence à bien intégrer aussi que, quand Fast et Mugen jouent ensemble, il faut se tenir à distance, aussi tentant que ce soit d'aller montrer qu'on est la plus forte. Quand on pèse moins de 3 kg, le principe de réalité se rappelle cruellement à vous sous la forme d'énormes massues poilues, et de démarrages en trombe qui vous laissent loin derrière, dans un nuage de poussière. Mais Nawak continue d'y croire et c'est l'essentiel. Elle sait bien qu'un jour, elle pourra les rattraper. Il suffit d'un peu d'entraînement et de quelques centimètres de pattes en plus.
En balade, elle marche plutôt bien en laisse, mais on ne l'a fait que 2 fois : elle n'est pas stressée, elle ne tire pas, elle s'arrête parfois quand elle se pose des questions mais repart très vite si elle est encouragée.
On joue à apprendre des choses aussi, par le biais du shaping. A ce niveau-là, je dois avouer que je me régale pour le moment. Nawak a toutes les qualités requises ! Elle aime beaucoup ça, et d'emblée elle avait une très bonne compréhension du principe du shaping, et aussi une bonne conscience de son corps. Et puis, elle bouge tout le temps, ce qui nous a épargné le classique "moment de solitude" face au chiot débutant qui ne comprend pas franchement ce qu'on attend de lui, et dont on cherche désespérément à obtenir un mouvement, n'importe quoi qu'on pourrait cliquer. C'est ainsi qu'elle a appris à aller seule dans la cage/sherpa, et aussi que nous avons déjà attaqué et bien avancé un trick vraiment pas évident : pivoter avec les pattes avant sur une cible. Actuellement je suis en train d'effacer la cible, quoique Nawak s'en soit déjà chargée plus ou moins seule, puisqu'elle a très bien capté qu'on cliquait les pattes arrières et se fiche comme d'une guigne de ce qui se passe devant, proposant le mouvement sur n'importe quoi, en utilisant indifféremment l'une ou les deux pattes avant.
De même, elle m'a bluffée quand je lui ai appris à rentrer dans une boite. J'ai cliqué les deux pattes avant (une seule, je n'ai pas pu, elle croyait qu'elle devait pivoter avec les pattes avant dans le carton). Puis j'ai cliqué quand elle a levé très haut une patte arrière pour la passer dans le carton. OK, pas de problème. Elle a proposé directement plusieurs fois de lever la meme patte arrière en la tenant sous son ventre. Elle avait oublié la boîte. J'ai un peu cliqué la patte en l'air car c'était mignon et surtout surprenant, et puis je suis revenue à mon idée première de la boîte. Je me suis dit que si j'avais pu obtenir si facilement une telle proposition (qui implique une conscience de ses pattes arrières peu fréquente sur un si jeune chien !) je pourrais l'obtenir facilement de nouveau plus tard.
C'est d'autant plus chouette que nous n'avons pu que très peu travailler. Nawak est arrivée ici très dérangée au niveau digestif. Je vous passe les détails. Il y a eu des journées complètes de jeûne. Et puis, évidemment, on passe la majeure partie de ses rations à tenter de la faire tenir tranquille en caisse pour le moment ! Nawak apprend donc super vite. J'espère être à la hauteur, pouvoir conserver et cultiver ces jolies qualités !
Et j'en arrive à mon projet personnel. Chaque chien (et chaque humain qui m'a entourée, conseillée, accompagnée avec ce chien) m'a permis de progresser, en tant que personne et dans mon rapport au chien : avec Metis, j'ai appris comment vivre avec un chien ; avec Fast, j'ai découvert que j'avais assez de connaissances et de ténacité pour gérer puis trouver des solutions aux problèmes ; avec Mugen, j'ai compris que je pouvais mettre en place un plan d'entraînement pour un chiot ; avec Nawak, j'aimerais prendre de la confiance et de l'assurance en public.
J'ai donc pour idée (entre autres) de me faire filmer et de montrer certains éléments sur le blog. Histoire de gagner de l'aisance tranquillement. Nous verrons jusqu'où je peux aller.
Voici une séance prise il y a deux jours, avec quelques commentaires.
- Ca n'arrive jamais que je clique en présence d'une personne qui regarde et comprend vraiment ce que je fais, en dehors d'Annie, la prof de dog dancing, avec qui j'ai un long historique de renforcement positif. Autrement, j'ai trop peur des jugements. La présence de Guillaume me rend nerveuse. Je bouge la langue de façon caractéristique. Je ne suis pas concentrée et je clique mal.
- Les séances peuvent durer 2 ou 4 min, pas plus, j'ai une montre qui vibre. Je trouve important de ne pas attendre que le chien fatigue, indépendamment de son niveau de motivation. Typiquement, nos chiens seraient toujours motivés pour continuer...
- "Normalement", on clique le chien quand il a le dos tourné à nous car c'est la position la plus difficile pour lui, donc celle qu'on veut renforcer. Mais il a suffi de le faire quelques fois avec Nawak pour qu'elle prenne l'habitude de lever la tête à cet endroit, donc de s'asseoir. Je choisis ici de récompenser à d'autres endroits.
- En milieu de séance, un moment de flottement, je me fixe sur l'idée que Nawak ne tourne que dans un sens et je perds ma concentration, je fais des erreurs et laisse passer de magnifiques opportunités. Pardon mon petit bout de chien, et merci pour ta gentillesse.
- Sur cette séance il y avait les Borders avec nous, mais parfois je prends Fast, il y a souvent aussi un chat qui traîne dans le coin. Parfois aussi nous sommes absolument seules. Je change les objets aussi à chaque séance. L'idée, c'est que Nawak n'ait pas d'habitudes à ce niveau. Bientôt nous pourrons exporter tout cela au club, en balade, chez des amis : qu'elle ait le moins possible de "rituels" autour de l'action.
- C'était la 2e fois qu'elle voyait la boîte seulement, et peut etre la 6eme séance de pivot. On ne dirait pas car elle est déjà très à l'aise. Mais Nawak est plutôt en avance là dessus (adresse physique, compréhension du shaping). En revanche, elle n'est pas très mature émotionnellement. Les chiots sont tous différents et il faut se réjouir de leurs forces, s'appuyer dessus pour les aider à dépasser leurs faiblesses.
Je sais que je suis super nulle au clicker, et j'avais trouvé un super stage pour m'améliorer, en février, avec Yannick Thoulon de Canissimo. Malheureusement, c'est juste le week-end où Mugen et Guillaume ont le pass agility, et je veux les décharger de tout souci autre. Ne serait-ce qu'être à la maison pour m'occuper des autres chiens. Ce sera pour une autre fois...
http://www.canissimo.fr/stages/clicker
En revanche, nous nous sommes inscrites avec Nawak au cours en ligne "Relax Max" de Pauline Debarbat, nous avons déjà eu la présentation et j'ai vraiment hâte ! Un très large panel de thèmes sont abordés, dans une sensibilité et une approche assez semblables à la mienne, je pense que nous allons nous régaler :)
http://www.declic-et-des-chiens.fr/relaxmaxenligne/
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