jeudi 15 juin 2017

Drôle de sortie pour de drôles de rencontres





Ce matin, nous sommes sortis courir. Enfin, c'était le plan initial, mais la nature en avait décidé autrement...

J'aime beaucoup les sorties très matinales avec les petits chiens. On est au frais, on est seuls, exception faite de lapins et d'écureuils qui permettent à Fast, Metis et Mugen de se lancer leurs propres défis (oui, parce que la grosse humaine à la remorque, ça va bien cinq minutes mais pas deux heures).




Arrivés dans le coin du renard, Goupil nous a fait un merveilleux cadeau. Il est sorti sur le chemin devant nous, sans se presser, nous observant de ses yeux dorés de chat. Par un incroyable miracle, les chiens étaient tous très proches de moi (nous nous trouvions dans une allée pas vraiment forestière, pas vraiment intéressante pour eux, donc ils trottaient à mes côtés faute de meilleure distraction). Je crois qu'ils ont pris le renard pour un chien : les deux Borders ont prudemment ralenti en me regardant ("tu vas pas laisser le chien bizarre nous embêter, hein ?") et Fast a voulu y aller, j'ai chopé le harnais au vol. Le renard dardait sur nous un regard fendu. Il a cligné des yeux d'un air tranquille : une invite ? J'ai fait quelques pas vers lui. Quand nous sommes arrivés à cinq mètres environ, j'ai perçu son odeur. J'avais l'impression de rêver. Il nous a alors tourné le dos et a continué d'avancer sur l'allée. Nous lui avons emboîté le pas. Il est 6 h 30 du matin et je marche avec mon chien derrière le renard, et derrière ce rempart encore, il y a les deux chiennes qui marchent aussi. Drôle de procession. Le renard a brusquement décidé de nous fausser compagnie, et s'est coulé dans la haie aussi silencieusement qu'il était apparu. Me laissant éberluée, la tête aussi légère qu'une bulle d'air.

J'ai souvent parlé de ce renard, je crois, ici et ailleurs. Ce renard que nous croisons parfois dans ce coin le soir, et qui semble toujours nous observer autant que nous l'observons. Même si ce n'est pas très rationnel, je suis convaincue que l'épisode de ce matin n'est pas accidentel. J'ai la certitude que ce renard nous avait identifiés, qu'il savait ce qu'il pouvait tenter, et qu'il s'est amusé. De plus, c'est en cohérence avec le comportement de tous les autres renards que j'ai pu rencontrer. Ca ne représente pas un nombre incroyable, certes, mais enfin...la plus marquante de tous ayant été la renarde chez mes beaux-parents. Enfin, j'arrête de radoter.

Ou plutôt, non, un dernier radotage. Mon entourage doit se souvenir de ma période ASPAS, période d'obsession majeure (donc de pénibilité accrue pour eux) autour du renard. Malgré tout, quelques chanceux sont peut-être passés entre les mailles du filet, bien que j'aie tout mis en oeuvre pour faire signer cette pétition : http://www.mesopinions.com/petition/animaux/protegeons-renards/13081. Si vous ne l'avez pas déjà fait, renseignez-vous
Sur l'excellent site de cette excellente association
Ou en regardant cette très jolie vidéo.

Après cet incroyable moment dans un autre monde, nous avons lentement repris nos esprits et notre course, jusqu'à une zone de point d'eau où les chiens peuvent nager et s'abreuver. Et nous avons continué. J'étais sans doute un peu dans la lune, dans les nuages ou dans un fourré avec le renard, toujours est-il que je n'ai pas vu Metis s'éclipser discrètement. Une puissante odeur de charogne en décomposition, précédant le retour galopal et triomphant (ou l'inverse) de la sus-dite, m'a brutalement ramenée à la réalité. Evidemment, ça arrive toujours le lendemain des jours où je nettoie ma voiture. J'ai donc décidé, après concertation avec Fast qui a l'odorat sensible, de rebrousser chemin pour dessaler la morue... pardon, décrotter la Border, au plan d'eau le plus proche.




Metis n'arrivera jamais à comprendre que se rouler dans des trucs qui puent est un problème, puisque chaque fois qu'elle le fait, elle obtient des retours environnementaux grandioses sous forme de séances de jeux aquatiques. Enfin, j'ai jamais su éduquer mes chiens et ça fait huit ans que ça marche, que ça court même, malgré tout.

Perdue dans mes pensées une fois de plus, j'ai failli ne pas voir ce que les petits chiens voulaient absolument me montrer : la TORTUE (accord dramatique). Une énooooooOooorme tortue (genre 40 cm de carapace chamarrée de vert et jaune, la bonne grosse tortue d'Amérique qui n'a vraiment rien à foutre là).
Comment je sais que ce n'était pas une cistude, une tortue d'ici ? Ben, déjà, celles d'ici ne font guère plus de 20 cm, et encore, seulement les grosses mangeuses qui vivent pas loin des centrales nucléaires) ; ensuite, elles n'ont pas du tout la même tronche.

Donc, j'en profite pour donner une leçon de choses aux petits chiens, leçon qu'on pourrait résumer comme suit : "les tortues, c'est caca". Ce qui n'est pas des plus malins de ma part, si on considère que Metis a dû conclure qu'il fallait se rouler dessus, et que ça a dû donner drôlement envie à Mugen d'y goûter.

Etonnée par la placidité du chélonien, je la soulève à deux mains pour m'apercevoir... qu'elle était installée sur son trou de ponte. Tu m'étonnes, qu'elle n'avait pas bien envie de bouger. Ca déclenche immédiatement une alarme dans ma tête : les tortues exotiques ne peuvent pas se reproduire sous nos climats il me semble...et si j'avais dérangé une espèce endémique totalement inconnue de moi ? Branle-bas de combat pour parvenir à joindre des "qui s'y connaissent" (merci à Margue du Bazar des NAC pour le coup de main matinal !) et finalement, joie et soulagement, c'est bien une exotique... mais, rage et désespoir, elles peuvent se reproduire en France, et ça c'est très ennuyeux.

(Ca m'ennuie parce que c'est une espèce invasive qui fait des tas de dégâts, voir cet article pour plus d'infos).

La TORTUE (accord dramatique) sur son trou de ponte

La tortue était assez lourde malgré tout, et je n'avais vraiment pas de quoi la transporter dans ma voiture pour pouvoir ensuite la confier à un centre d'accueil. En plus, ça devient difficile de trouver des lieux qui les acceptent depuis que le Parc de la Tête d'Or ne les prend plus. Mais bon, j'ai eu différents interlocuteurs ce matin qui m'ont donné quelques espoirs que cela change. Au pire, je pourrais devenir capacitaire, installer un point d'eau chez moi et devenir un mini-refuge pour tortues ? (Non, je plaisante, Guillaume, s'il-te-plaît ne me laisse pas). Je l'ai amenée à un poste de surveillance d'un plan d'eau aménagé à 6 km de là.

Si vous trouvez une tortue :
- assurez-vous de son espèce, au besoin en la prenant en photo
- s'il s'agit d'une tortue exotique, essayez au maximum de ne pas la laisser dans la nature. Tâchez de la capturer pour pouvoir ensuite la confier à un centre d'accueil, bien qu'ils soient souvent pleins.
- faites très attention de placer vos mains hors de portée de sa bouche (elles peuvent mordre très fort) et de ses pattes (elles ont des griffes puissantes), et lavez-vous soigneusement après la manipulation : elles sont porteuses de tout un tas de germes. Ne laissez pas vos chiens les lécher.
- contactez le CEN ou l'organisme LPO de votre région, au moins pour leur signaler l'emplacement de la découverte, même si vous n'avez pas pu capturer la tortue : ce genre d'information leur est utile. Si vous avez capturé la tortue, ils pourront vous donner des adresses de centre d'accueil.
- actuellement, ce type de tortue est interdit à la vente et on n'en trouve plus en animaleries. Mais d'autres animaux exotiques font régulièrement leur apparition sur le marché : sensibilisez vos proches à ce problème.
- si vous connaissez une tortue d'eau que les propriétaires envisagent de lâcher en milieu naturel, faites votre maximum pour trouver une autre solution en centre d'accueil. 


En ce qui concerne ma sortie course (c'était quand même un peu ça l'objectif de départ !), la fin du challenge 30 km approche, je ferai le bilan le dernier jour : le 29 juin, normalement. En tous cas, c'était un beau moment de vie avec mes petits chiens, et j'espère que nous en aurons encore plein, de ces sorties mouvementées !

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