mercredi 10 mai 2017

La première fois que nous avons emmené trois chiens en week end



Donc, disais-je : profitant d'un week end de deux jours et demi, nous avons laissé chats, lapins, gerbilles, chinchilla et perruche pour aller profiter de chers amis dans le Vercors.

Curieusement, à l'heure où Mugen souffle sa première bougie, c'était la première fois que nous bougions avec les trois en même temps, alors que nous adorons emmener les petits chiens dans des coins paumés (avec une prédilection marquée pour le Jura et la Lozère). En fait, on a utilisé presque toutes nos vacances pour être disponibles quand Mugen était un très petit chiot, et ensuite nous sommes partis quelquefois chacun de notre côté en emmenant un seul chien.

Ca explique probablement (même si ça n'excuse pas, je sais) pourquoi j'ai tenu à emporter l'intégralité du bivouac nécessaire à un musher de la Grande Odyssée (tente incluse), et pourquoi Guillaume a eu tant de mal à charger la voiture. Au moment où je lançais le traditionnel "t'es sûr qu'on n'emmène pas Scratchy ?", j'ai vu pour la première fois en 17 ans de vie commune une étincelle meurtrière luire dans ses yeux. Bref, c'était le week end de toutes les premières fois.

Moi, que voulez-vous ? j'aime être préparée à tout. Enfin, pour les Nimos, quoi. Non, parce que pour moi, j'ai oublié les chaussettes et les pulls. J'étais trop occupée à sélectionner les articles de toilettage et de premiers soins, ainsi que les 573 jouets incontournables qui composent ce que mes proches nomment affectueusement "le merdier des chiens" (cf Roland Magdane).

Après un trajet sans encombre, ponctué tous les dix kilomètres de "ce serait bien qu'il s'arrête de pleuvoir", nous arrivons au gîte où nos merveilleux amis nous ont royalement installés. Le déchargement de la voiture promet de nécessiter plusieurs heures à une dizaine de jeunes hommes costauds et bien entraînés (l'un d'entre eux vit avec une blogueuse mode : il fait l'inventaire de nos bagages avec toute la commisération du type qui transporte une valise de change et de maquillage chaque fois qu'il va boire un verre au bar d'en bas. Pour lui, clairement, nous sommes des petits bras).

Les petits chiens et moi nous éclipsons prudemment, soucieux de ne pas gêner. Laissons travailler les pros.

Des chemins de randonnée très prometteurs passent devant le gîte : il pleuvra tout le week end, mais qu'importe.





Plus je m'éloigne, plus la magie opère : bientôt, j'ai le sentiment (sans doute réel) d'être le seul humain à des kilomètres à la ronde. Les chiens vont et viennent silencieusement, parfois seuls à flairer un terrier, souvent parfaitement synchronisés pour sauter une branche à l'unisson, à l'issue d'une galopade légère dans le sous-bois.





Ca commence à grimper fort : je suis rapidement en nage, moi qui craignais de n'être pas assez couverte ! Au sortir de la forêt, la pente s'adoucit : nous parvenons à une prairie en plateau. A peine sortis des arbres, nous voilà nez à nez avec un immense biche. Surprise, elle nous observe sans bouger plusieurs secondes, avant de disparaître en quelques bonds. Rencontre très impressionnante pour moi, qui suis accoutumée à croiser fréquemment des chevreuils, mais pas de si grands animaux !



Fast et Mugen scrutent les bois, mais la biche a bel et bien disparu... Rassurez-vous, les petits chiens ! En traversant cette grande prairie entourée d'arbres, nous croiserons deux autres biches. Il est vrai que le soir tombe, c'est l'heure où elles sortent se nourrir dans les lieux dégagés.





Nous tombons sur cette petite maison pas vraiment très accueillante :




Finalement, au bout de la grande prairie, un nouveau sentier émerge de l'herbe humide. Mugen s'amuse à guetter Metis qui s'amuse à guetter Fast qui s'amuse à fureter sous le couvert des arbres.




Le problème, c'est que ce chemin descend de l'autre côté de la colline, que nous marchons depuis plus d'une heure, et que la nuit va tomber. Je décide à regret de rebrousser chemin. Les petits chiens sont heureux, bien que dans un état lamentable.




Au gîte, ils se sont montrés exemplaires tout le week end avec les trente humains présents, et ils ont obtenu des tas de compliments. Ce n'était pas forcément facile pour eux, car nous n'étions pas en vacances là "pour eux", et nous passions nos soirées à faire des trucs de grands anthropoïdes impliquant de la musique et des choses comme ça, mais ils en profitaient pour se reposer dans notre chambre.



Nous avons refait d'autres balades, certaines en groupe, ce qui leur a permis de recruter plusieurs poires lanceuses de batons. Fast a même déniché une poire frotteuse d'oreille sur chien mouillé (une personne très très courageuse, éventuellement très très enrhumée, voire les deux), une rareté digne d'être signalée. C'était un aussi bon week end pour eux que pour nous, je crois. Comme attendu, nous n'avons pas eu besoin du quart de ce que nous avons emporté, et certainement pas de la tente !






Ca peut paraître bizarre, car je dis souvent que les Nimos sont le meilleur réseau social qui soit, et j'ai rencontré des tas de gens formidables grâce à eux, mais... c'est vital pour moi, des amis comme ces gens-là, qui nous connaissent depuis si longtemps qu'ils ont vu arriver les chiens, et qui ne nous aiment pas GRACE aux Nimos, mais plutôt en dépit d'eux. D'abord, c'est fantastique de se sentir à ce point aimé pour soi-même, indépendamment de ce que je peux faire ou des conseils que je peux donner. Ensuite, je suis toujours sidérée par les trésors de gentillesse et de générosité dont font preuve certains humains : parce que c'est quand même vachement plus dur de trouver ça génial, les trois chiens mouillés dans le gîte, quand on ne partage pas son quotidien avec des animaux. Parce qu'il faut beaucoup d'amour pour apprécier l'interspécifité quand on ne la vit pas soi-même. Parce que me sentir aussi acceptée, aussi accueillie, inconditionnellement, ça ne m'arrive pas si souvent.

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